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Je ne parle plus l’hypnose




Je ne parle plus l’hypnose
« L’inconscient est structuré comme un langage. » Jacques LACAN Chères lectrices, chers lecteurs, C’était il y a un siècle. 100 ans, passés si vite. La date ne vous dit rien ? Pourtant c’est l’entrée de Milton Erickson à la faculté de médecine du Wisconsin (et rappelons-le, en « double cursus » de psychologie). En troisième année de médecine il découvre l’hypnose au cours d’un séminaire animé par Clark Hull. Il y a des rencontres qui changent la vie. Il y a aussi parfois des disputes qui changent – en bien – le monde.
Erickson va assez rapidement s’opposer à la vision de Hull qui soutient une idée assez proche de la pensée de l’école dite de Nancy : les effets de suggestions de l’opérateur seraient le plus important dans l’hypnose, qui ne serait d’ailleurs probablement pas un état physiologique. D’ailleurs Hull tend à développer des techniques reproductibles (c’est un des pères de la psychologie expérimentale). Erickson développe une autre idée : il n’y a aucun processus reproductible et la suggestibilité, de même que les suggestions, ne sont pas forcément le plus important.

Ce qui compte, selon le jeune médecin pas encore thésé, ce sont la permissivité des inductions indirectes et le caractère irrémédiablement singulier, unique, de chaque patient. Chaque « inconscient », qui revêt un sens très différent de celui de son contemporain Freud, serait une sorte de « monde » à part entière. A l’exception de certaines pathologies, comme les psychoses, nous vivons tous dans un même monde, alors disons plus simplement qu’il faudrait considérer nos patients comme autant de pays que nous pouvons rencontrer. C’est alors une invitation au voyage. Et lorsque l’on voyage, on découvre une nouvelle langue, faite de sa propre grammaire, son vocabulaire, ses règles, ses sonorités... Comme quoi le confinement ne nous empêche pas de voyager, avec et par nos patients !

Esther vient me voir pour des troubles du comportement alimentaire. Des compulsions, fréquentes, avec beaucoup de culpabilité. Pas d’anorexie, ni de réelle boulimie, non, mais « simplement » des excès, des fringales, de la gourmandise. Mais beaucoup de temps s’est écoulé depuis qu’Esther surprenait tantôt sa mère dévorer des paquets de gâteaux en cachette, tantôt la forçait elle et sa soeur à finir leurs assiettes (remplies de ce qu’elles n’aimaient pas). Evidemment les sucreries étaient officiellement interdites, afin de ne pas alléger le poids des injonctions contradictoires... Alors au fil du temps et des années, Esther s’est construite avec ces règles de grammaire. Gourmandise interdite, qu’on mange en secret. Assiettes qu’il faut toujours finir, par principe. Contraintes-loi, pulsions-plaisir. Et la vie oscille inlassablement entre les deux, de régimes en régimes, le yoyo est entêtant, créant bien plus de confusion que de bonnes inductions hypnotiques.

Elle n’y croit pas. Comme une contrée jamais visitée. Cela fait cinquante ans qu’elle vit avec ses compulsions, ses régimes, ses règles, son vocabulaire. Au début elle est assez peu motivée par un travail d’exploration et d’analyse de son histoire. Mais elle s’y risque, de temps en temps, comme un pied qu’on met en terre inconnue, à l’aveugle, à tâtons. Et donc je ne sais pas grand-chose d’elle. Moi aussi, je fais l’expérience de l’inconnu, de ne rien savoir. J’écoute, je me familiarise à ses mots, sa façon de dire, de craindre, de ne pas croire en la thérapie, de douter. De progresser, de remarquer ses changements, puis de faire machine arrière. « J’ai craqué ! Encore des compulsions ! » Et…

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ADRIAN CHABOCHE Spécialiste en médecine générale et globale au Centre Vitruve. Il est praticien attaché au Centre de traitement de la douleur CHU Ambroise- Paré. Il enseigne au sein du DU Hypnoanalgésie et utilisation de techniques non pharmacologiques dans le traitement de la douleur, Université de Versailles.

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Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°60
Février Mars Avril 2021


Dossier : Les techniques de Rossi
Edito : Ernest L. Rossi, celui qui savait poser les questions à Milton Erickson. Julien Betbèze, rédacteur en chef
Papa, maman, le psy et moi. Comprendre le travail transgénérationnel. Bogdan Pavlovici nous invite avec humour à une séance de thérapie familiale

Peur du vide. Quatre situations cliniques. Nathalie Koralnik utilise l’approche de Palo Alto et nous donne des stratégies précises pour affronter la peur du vide.

La poésie, une alliée hypnotique. Pour se séparer de ce qui nous fait souffrir. Nicolas d’Inca

Espace Douleur Douceur

Edito : Douleur ou souffrance ? Gérard Ostermann

L’attente, une infusion dans le temps : Isabelle Devouge et Marc Galy

- Soulager la douleur en réparant le passé. Philippe Rayet fait le récit d’une histoire clinique mettant en scène la puissance de l’imagination active

- Quand tout bascule. Luc Evers, passé brutalement du statut de thérapeute à celui de patient témoigne de son expérience et de son utilisation de l’autohypnose avant, pendant et après son opération

Dossier : hommage à Ernest Rossi

Un chercheur en action. Dominique Megglé

Un génie avec beaucoup de lumières. Claude Virot

L’art de l’induction de transe et de l’accompagnement dans le processus hypnotique par le questionnement. Wilfrid Martineau

Rubriques

Quiproquo, malentendu et incommunicabilité. « Illumination ». Stefano Colombo

Les champs du possible. Je ne parle plus l’hypnose. Les troubles du comportement alimentaire et les mots. Adrian Chaboche

Culture monde. Expérience visionnaire d’un soufi. Sylvie Le Pelletier

Les grands entretiens. Mark P. Jensen, soulager les patients de leurs douleurs chroniques. Par Gérard Fitoussi

Livres en bouche


Laurent Gross
Laurent GROSS est Hypnothérapeute, Psychothérapeute certifié ARS en 2013, ancien Kinésithérapeute.... En savoir plus sur cet auteur


Rédigé le 28/04/2021 à 01:18 | Lu 464 fois | 0 commentaire(s) modifié le 23/10/2021

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