De l'Hypnose, de l'EMDR à laThérapie Brève Intégrative. De la Formation au Thérapeute. Paris, Marseille, Nancy




Merci, au revoir. Dr Adrian Chaboche


Revue Hypnose & Thérapies brèves n°49



Cher lecteur,

Si dans le précédent numéro nous avons pu mettre les pieds dans le vide de l’angoisse phobique afin d’y rechercher de quoi y prendre appui (le traitement de la phobie à considérer comme ce qui nous relie à vivre), c’est pour permettre au thérapeute lui-même d’accepter de se plonger dans l’inconnu.

Si on considère que face au patient le thérapeute en dit toujours trop car il pense savoir plus, c’est pour souligner la nécessaire souplesse à laquelle il doit s’astreindre dans l’exercice de son art. Dépouillement, détachement, laisser les champs du possible venir, ne rien savoir... il s’agit presque d’une discipline physique de mouvement, d’équilibre, d’assouplissement de notre pensée. Ne rien savoir à longueur de temps demande d’en savoir beaucoup ! Mais un savoir dont on finit d’en penser quelque chose pour se laisser ressentir, autant que le tracé du pinceau du peintre dessine un contour parfait naturellement à force de l’avoir observé maintes fois.
Pourtant nous restons souvent au seuil de notre inconnu alors que nous pensons y être, illusoirement. Ce n’est qu’une projection : nos yeux voient l’inconnu mais nos pieds sont au dehors. Nous résistons encore à nous y plonger...

C’est pourtant dans ce moment précis qu’il peut se passer quelque chose auprès du patient avec qui on travaille. Se jeter dans le je ne sais pas est une voie de réflexion qui nous invite au dépouillement. On parle « d’acceptation » comme étant un moyen d’y entrer. Mais difficile d’accepter ce que l’on ne connaît pas par dé- finition. Pourtant le patient, lui il sait, car il est vraiment convaincu de ne rien sa- voir face au thérapeute : de son idée de guérison ou a minima de changement, c’est le praticien qui est sujet supposé savoir. Alors continuons d’observer et d’apprendre de nos patients.

Vous entrez dans cette salle d’attente, comme je l’ai fait, et découvrez cet homme. « Bonjour Docteur. Je suis ravi de faire votre connaissance... mais je crois que je ne suis pas prêt. Je ne veux pas faire de thérapie. Je suis désolé, je vais vous laisser. » Deux choix. Arrêt de la consultation, surprise, résistance, agacement... nombreux sont les chemins que le praticien peut emprunter pour mettre fin dès ce moment à une suite.

Ou bien c’est justement à ce moment que tout se fait. Acceptation ? Ce qui nous y aide c’est d’entendre sans jugement la plainte du patient : un homme vient dans un cabinet d’hypnose en ayant pris rendez-vous pour dire qu’il ne veut pas. C’est ce qui fait le fait clinique.




Laurent Gross
Hypnothérapeute et Infirmier Anesthésiste. Formateur en Hypnose Médicale Hôpitaux de Paris AP-HP et... En savoir plus sur cet auteur


Rédigé le 10/08/2018 à 09:59 | Lu 22 fois | 0 commentaire(s) modifié le 10/08/2018

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