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Hypnose: outil ou thérapie ?




VII-4 L’hypnose « technique », « outil », ou « thérapie » ?

Le principe de base est désormais de faire « avec l’hypnose que ce que l’on faisait avant sans… » et l’on pourrait rajouter : pas plus… mais mieux !

« L’outil hypnose » devient alors un « outil de plus dans sa mallette de soin ».

Un outil très spécial, car facilitateur et puissant. Il peut être à double tranchant si son utilisation ne respecte les principes de connaissances et d’utilisation adaptée.

Car l’hypnose est bien plus qu’un outil. C’est un état d’esprit, qui change le regard de celui qui l’utilise, humanisant les soins. Le soignant et les soins qu’il propose sont alors plus proches du patient qui est considéré comme un sujet acteur et collaborateur de ses soins.

VII-5 Quelle action sur le symptôme ?

L’hypnose agit bien au-delà du simple symptôme. Si elle met la personne en position d’être très suggestible et très sensible à tout ce que dit celui qui l’hypnotise, l’état hypnotique est en même temps un puissant catalyseur de changement, de résilience, de progression, d’intégration. La relation soignant soigné prend alors une dimension très particulière. Le soignant doit être conscient de cette particularité et la prendre en compte pour évaluer l’efficacité, la tolérance et l’évolution du soin par hypnose qu’il propose.


VII-6 En quoi l’éthique et de la déontologie sont-elles primordiales ?

Au même titre que toute action de soin, l’utilisation de l’hypnose nécessite la protection du sujet hypnotisé et de celui qui l’utilise. Les règles que la déontologie médicale propose sont protectrices et sécurisantes.

Ces règles reposent sur quatre points cardinaux :
- L’autonomie du patient qui doit pouvoir garder son discernement et sa liberté d’adhésion. L’alliance thérapeutique est essentielle, nécessitant une entente avec la prise en considération de ses attentes sous jacentes à la demande et de la faisabilité de ces attentes.

- La bienfaisance du thérapeute qui a des obligations de moyens dans un cadre de compétence déterminées par les lois qui régissent la pratique de sa profession (référentiels des bonnes pratiques, recommandations officielles, formation initiale souvent des diplômes d’état, formation continue…).

L’hypnose est malheureusement insuffisamment enseignée dans les formations initiales.

- La non-malfaisance du thérapeute et le respect du rapport bénéfice-risque au sein duquel, prennent tout leur sens les principes :

- Du savoir et des connaissances du soignant, notamment de la clinique des limites thérapeutiques et de l’évolution

- Du savoir-être dans la relation au patient

- Du savoir-faire dans sa pratique, ses techniques, leurs indications et leurs limites


- Enfin la question médico-légale : les obligations de moyens au service du soin soulèvent les insuffisances d’un système où la technologie de pointe réduit le patient à un organe ou une pathologie.

Lorsque cette humanité est en elle-même thérapeutique, et que la technique de l’hypnose médicale a prouvé son efficacité et son accessibilité, il serait juste de la développer et de la réserver à un cadre éthique protecteur.

L’hypnose n’est pas une « alternative » aux échecs des autres pratiques de soins, elle n’est pas vouée à les remplacer. Elle est un « complément » à la réussite de ces soins, impliquant cette humanité incontournable à son utilisation dans le cadre des compétences des professions médicales, paramédicales et des métiers de la
santé.





Rédigé le 18/02/2020 à 01:08 | Lu 190 fois | 0 commentaire(s) modifié le 18/02/2020

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